«Il faut agir pour rester dans le coup»
Monsieur Rhomberg, achetez-vous vos voitures sur Carmarket?
Je viens de réaliser un rêve de longue date, je me suis acheté une magnifique voiture ancienne. Malheureusement, il m’aurait été impossible de la trouver sur Carmarket car la plateforme ne propose pas encore de voitures classiques. Cependant, Carmarket serait bien entendu mon premier choix si je voulais acheter une voiture. La plateforme me propose une vaste offre, ses descriptions détaillées répondent à mes questions et j’obtiens une offre attrayante en un seul clic. Un superbe service, complet et facile à utiliser.
Carmarket est en ligne depuis 6 mois. On sent votre enthousiasme. En quoi êtes-vous meilleur que la compétition?
Carmarket propose des voitures approuvées par des experts. La confiance est la base de tout. Nous voulons que le client se sente bien conseillé et, avant tout, sûr de ses décisions. Les experts qui publient leurs voitures chez nous doivent répondre à certains critères. Ils doivent être certifiés par l’Union professionnelle suisse de l’automobile, l’UPSA, et disposer, entre autres, d’une représentation de marque aussi bien pour la vente que pour l’après-vente. Un expert qui remplit ces conditions constitue notre gage de qualité.
Existe-t-il d’autres différences?
Il faut s’imaginer Carmarket comme un marché aux puces. Les experts louent un stand de vente. Ils décident ce qu’ils y vendent et à quel prix. Nous stipulons uniquement les conditions-cadres. C’est-à-dire, qu’en plus de provenir d’un expert certifié, les voitures doivent toutes disposer d’une qualité élevée, d’une garantie, de leur documentation, du contrôle périodique des véhicules dès SdA et être approuvées. Les experts profitent de plus de liberté chez nous que sur d’autres plateformes. Ceci vaut également pour les importateurs qui peuvent avoir chez nous un stand pour leur marque. Nous aspirons à être une véritable plateforme automobile ayant pour devise: les experts, et non la plateforme, font des affaires.
«Plus d’un million d’utilisateurs ont visité la plateforme depuis son lancement. Chacun d’entre eux a étudié en détail 2,5 voitures en moyenne.»
Six mois, c’est le moment opportun pour faire un premier bilan. Êtes-vous satisfait de ce début?
En tant que responsable de la numérisation, je suis de près les avis Google. Permettez-moi donc de faire ce parallèle: dans le cadre d’un avis sur 5 étoiles, je nous en attribue 4. Nous avons gagné notre 1re étoile avec la conception du site. En onze mois à peine, nous avons réussi à mettre une très bonne plateforme sur pied. Nous devons notre 2e étoile pour avoir attiré plus de 600 experts sur notre site deux mois seulement. Les 3e et 4e étoiles ont été obtenues grâce à l’acceptation de notre produit. Plus d’un million d’utilisateurs ont visité la plateforme depuis son lancement. Chacun d’entre eux a étudié en détail 2,5 voitures en moyenne, générant ainsi de nombreux contacts avec la clientèle. Il s’agit de valeurs vraiment honorables, compte tenu de la domination du marché par le détenteur actuel du monopole.
Votre cible est claire: Carmarket attaque le leader du marché AutoScout.
Je ne parlerais pas d’attaque. Je dirais plutôt que nous voulons offrir une alternative intéressante à nos clients par le biais d’une plateforme qui ne propose que des voitures approuvées par des experts. Notre motivation? Faire mieux que les autres. Le marché déterminera qui réussira. Nous sommes très optimistes.
Ce sont les garagistes qui doivent être contents. Il y a peu de temps dans un article du NZZ, ils avaient exprimé leur mécontentement vis-à-vis de la politique de prix menée par AutoScout. Selon eux, publier une annonce devient de plus en plus exagérément cher. Qu’en pensez-vous?
AutoScout dispose d’un bon produit. Ils ont eu une idée géniale lorsqu’ils l’ont lancé il y a 25 ans. Toutefois, nous voulons que ce soit le marché automobile qui exploite la plateforme, et non quelqu’un qui ne connaît pas le marché automobile aussi bien que nous. Il est clair qu’un détenteur du monopole décide toujours des prix. Notre but chez Carmarket consiste à proposer une offre équitable à l’expert qui, convaincu, décide d’adopter. Autolina est un autre prestataire aux côtés de Carmarket. Cette diversification a du bon. J’espère que tous les acteurs du marché y trouvent leur compte d’un point de vue professionnel. Une situation de monopole n’est jamais bonne pour le marché. C’est la concurrence qui dynamise les affaires.
«Le marché suisse trilingue est certainement en mesure d’accueillir plus d’un prestataire.»
Le marché sur les plateformes de vente d’automobiles est aussi en plein essor. D’après vous, quel est son potentiel?
Le marché suisse trilingue est certainement en mesure d’accueillir plus d’un prestataire. L’important est de clairement se démarquer. Nous nous différencions par la qualité, la transparence des prix et l’expertise. Sur ce dernier point, nous agissons, non seulement par l’intermédiaire de nos concessionnaires de marque, les experts, mais aussi dans l’univers du numérique. Par exemple: Carmarket est la première plateforme à disposer d’une recherche plein texte. Nous en sommes très fiers. À vrai dire, il n’est même plus nécessaire de saisir un terme, nous proposons aussi la recherche vocale. Nous y avons ajouté une touche de fun. Saisissez par exemple ‘James Bond’. Il s’agit d’un grand passionné de la marque britannique Aston Martin. Chez nous, vous trouverez les offres en relation avec son nom.
Mot-clé: le prix. Combien coûte une annonce sur Carmarket?
AutoScout, leader du marché, influence les prix. Ils sont trois fois plus élevés que ceux du prestataire le moins cher. Nous nous trouvons à ce niveau. Concrètement, un expert qui publie 30 voitures à la fois paie 1850 CHF à l’année. Ce que nous considérons être un prix équitable.
En votre qualité de Chief Digital Officer, vous êtes responsable de la transition numérique du Groupe Emil Frey. Quel rôle occupe Carmarket dans ce contexte?
Il y a encore cinq ans, la presse spécialisée écrivait que les plateformes en ligne de vente de voitures étaient disruptives pour notre métier. La branche se sentait menacée. Nous sommes donc de l’opinion qu’il faut agir pour rester dans le coup. Voilà notre motivation. Loin de nous lamenter, nous voulons prendre l'initiative d’offrir une véritable alternative tant à la clientèle qu’aux concessionnaires de marque. Donner au commerce l’importance qu’il mérite, y compris sur les plateformes de vente automobile en tant qu’experts et au mieux de nos connaissances, avec des collaborateurs motivés et formés. Avec nos marques, nous disposons de plus de 1200 experts en Suisse. C’est pourquoi nous considérons notre devoir et notre responsabilité de proposer et d’exploiter une telle plateforme.
Notre vision d’avenir consiste à conquérir davantage d’experts et de voitures approuvées pour plus d’équité et de fiabilité sur le marché.
Emil Frey trace seul la voie avec Carmarket. Pourquoi le marché automobile suisse ne suit-il pas?
Nous sommes ouverts à toute coopération. Quelqu’un doit d’abord donner la première impulsion en amont. Nous croyons en notre produit. Nous sommes toujours ouverts à toute discussion, malheureusement aucune n’a encore eu lieu. Pour l’instant, rien n’est encore concret ou prêt à être décidé.