La norme Euro 7 va-t-elle arriver en Suisse?
Son déploiement est prévu à partir de 2025 dans toute l’Union européenne. Alors, en quoi consiste la norme Euro 7 exactement et s’appliquera-t-elle à la Suisse ? Vous trouverez ci-dessous les réponses aux questions les plus brûlantes.
1. Qu’est-ce qui se cache derrière le terme Euro 7 ?
Il s’agit d’une norme établie par l’Union européenne (UE). Cette réglementation devrait limiter les émissions des voitures de série et des fourgonnettes à partir du 1er juillet 2025, celles des bus à partir de 2027 et celles des petites séries (McLaren, etc.) à partir de 2030. Elle modifiera par exemple les valeurs limites pour les oxydes d’azote (NOx) et le monoxyde de carbone (CO). Par ailleurs, la norme antipollution Euro 7 vise les particules fines.
2. De quels aménagements est-il question concrètement ?
Si la norme est mise en place, les mêmes valeurs s’appliqueront à tous les types de motorisation. Actuellement, un diesel a le droit d’émettre 80 mg/km d’oxydes d’azote (NOx). Avec le nouveau règlement, la limite sera alignée sur celle de l’essence, soit 60 mg/km. De plus, nous verrons arriver une nouvelle valeur limite pour l’abrasion des freins et des pneus.
3. Cette norme européenne concerne-t-elle également la Suisse ?
Absolument ! La Suisse est dans l’obligation de s’aligner sur les normes antipollution. Pour la simple raison que les immatriculations de véhicules en Suisse sont basées sur la réception par type européenne.
4. En quoi la norme Euro 7 est-elle problématique pour les constructeurs automobiles ?
Les véhicules thermiques actuels sont de véritables systèmes de dépollution sur roues, dans le but de délester l’environnement des gaz d’échappement grâce à des catalyseurs, filtres à particules diesel et autres équipements. Les constructeurs automobiles estiment que le surcoût important lié à l’Euro 7 n’a pas lieu d’être compte tenu de l’interdiction des moteurs à combustion en 2035. Ce sont moins les valeurs limites en soi que les procédures de test qui font débat. Depuis 2017, des mesures sont effectuées sur route en plus des essais en laboratoire. En conditions réelles, les valeurs anormales étaient autorisées. Or, ce ne sera plus le cas, afin de mieux représenter les trajets courts. Ce à quoi les constructeurs répondent : dans ce cas, en conditions extrêmes, nous serons peut-être même obligés de réduire la puissance si nous voulons rester propres. Et l’UE de rétorquer : c’est faux, des exceptions sont prévues.
5. La norme Euro 7 va-t-elle rendre les voitures hors de prix ?
Non. Mais elles vont sans aucun doute devenir plus chères. Selon l’UE, le surcoût moyen sera de l’ordre de 150 francs, mais d’autres sources parlent plutôt de 300 à 1000 francs par modèle. De plus, on pourrait fort bien assister à la disparition des modèles d’entrée de gamme bon marché en raison du surcoût lié à l’Euro 7. L’offre de modèles devrait ainsi se réduire, notamment du côté des citadines.
6. Quand la norme antipollution Euro 7 entrerait-elle en vigueur ?
Les véhicules nouvellement immatriculés devraient être conformes dès 2025, mais les anciens pourraient continuer à rouler. Il est toutefois possible que les modèles plus anciens soient frappés d’une taxe sur les véhicules à moteur plus élevée ou d’éventuelles interdictions de circuler, par exemple dans les zones environnementales allemandes. Mais pour l’heure, rien n’a encore été statué concernant la norme antipollution et le débat se poursuit. Une décision est attendue au plus tôt à l’automne 2023.