Puis-je me rendre à l’étranger avec le «L»?

Les cours de conduite sont obligatoires en Suisse.
Le permis d’élève conducteur est un document purement suisse et n’est pas valide à l’étranger. Photo: Martin A. Bartholdi
Les trajets en conduite accompagnée sont autorisés en Suisse, mais interdits en Allemagne, en France et en Italie. Le permis d'élève conducteur bleu s'arrête souvent à la frontière.

La Suisse encourage les futurs conducteurs à acquérir de l’expérience en dehors des auto-écoles grâce au permis d’élève conducteur, sous réserve de la présence d’un accompagnateur. Le «L» bleu, apposé à l’arrière du véhicule, indique qu’il s’agit d’un jeune conducteur, mais il s’accompagne aussi de règles juridiques précises.

La charge de la responsabilité repose principalement sur l’accompagnant. Il ne doit en aucun cas consommer de l’alcool s’il est assis sur le siège passager. En effet, l’accompagnateur n’est plus en mesure de remplir son rôle dès 0,05 mg d’alcool par litre d’air expiré, ce qui correspond à environ 0,1 pour mille. En d’autres termes, un simple verre de vin lors du repas du soir peut suffire à empêcher tout trajet avec l’apprenant. Bien que ce seuil ne soit pas rigoureusement nul, le corps pouvant générer de faibles traces d’alcool, la réglementation demeure stricte.

Un document suisse à portée géographique restreinte

Les choses sont claires, du moins à l’intérieur des frontières suisses. La prudence est toutefois de mise dès que l’on s’approche de la frontière lors d’un trajet d’apprentissage. En effet, le permis d’élève conducteur reste un document purement helvétique et n’a aucune validité à l’étranger. Il serait illusoire de croire que votre progéniture pourra prendre le volant pendant vos vacances en Allemagne ou en France.

En Allemagne, les élèves conducteurs ne sont autorisés à conduire qu’en présence d’un moniteur d’auto-école. Le modèle suisse de conduite accompagnée par des accompagnateurs privés n’existe pas dans ce pays, à l’exception du «permis de conduire dès 17 ans», qui exige toutefois que l’examen pratique ait déjà été réussi. Par ailleurs, les accompagnateurs doivent être enregistrés au préalable. En France et en Autriche, la conduite accompagnée est en principe autorisée, mais soumise à des conditions strictes. L’assurance doit être informée, les premières heures de conduite à l’auto-école sont obligatoires et les accompagnateurs ne doivent pas avoir commis d’infractions graves au code de la route. En Italie, en revanche, les élèves ne sont autorisés à conduire qu’avec des moniteurs officiels jusqu’à la réussite de l’examen pratique.

En Suisse, une simple pièce d’identité valide suffit

La Suisse se montre nettement plus libérale à cet égard. Selon le code de la route, il suffit que l’accompagnateur soit titulaire d’un permis de conduire valide, même s’il a été délivré à l’étranger. Un point crucial toutefois: la conduite avec l’apprenant n’est autorisée qu’en Suisse. Les résidents des régions frontalières doivent faire preuve de vigilance: un simple écart de parcours à l’étranger, même bref, peut entraîner des conséquences juridiques.

Mobility Car Sharing Voiture avec autocollant L pour apprentis conducteurs
La conduite accompagnée est soumise à certaines conditions. Par exemple, l’accompagnateur ne peut en aucun cas consommer d’alcool. Photo: Mobility

Une fois l’examen passé, enfin la liberté… mais avec des restrictions

Même une fois l’examen réussi et le permis en poche, vous serez soumis à des règles différentes selon les pays. Même à l’étranger, les jeunes conducteurs en période probatoire de deux ans doivent s’attendre à des règles plus sévères, notamment en matière de consommation d’alcool, avec des seuils bien moindres dans de nombreux pays: par exemple, en Allemagne et en France, la tolérance est de 0,1 mg par litre d’air expiré, en Autriche et en Suisse, elle est de 0,05 et en Italie, elle est même nulle pendant la période probatoire.

Il existe également des réglementations spécifiques à chaque pays, notamment concernant la puissance des véhicules ou les limitations de vitesse. En Italie, les jeunes conducteurs ne sont autorisés à conduire que des voitures dont la puissance moteur est limitée. Cette règle ne s’applique néanmoins pas aux titulaires d’un permis de conduire suisse. En France, c’est encore différent: les conducteurs étrangers novices sont également soumis à des limitations de vitesse réduites, par exemple 110 km/h au lieu de 130 km/h sur l’autoroute.

Plutôt prévenir que guérir

Il n’est pas encore clair si le «A» rouge pour «apprenti», l’équivalent français du «L», sera également obligatoire pour les Suisses. Selon la loi, il ne concerne que les véhicules immatriculés en France. Si vous souhaitez jouer la carte de la sûreté, il est conseillé de se renseigner au préalable auprès des autorités françaises.

Que vous soyez apprenti conducteur ou conducteur novice, si vous souhaitez franchir la frontière, renseignez-vous au préalable. Les différences en matière de seuils d’alcoolémie, de limitations de vitesse ou de restrictions relatives aux véhicules peuvent rapidement devenir un gouffre financier, voire poser un problème juridique. Pour voyager en toute sécurité, il faut bien connaître le code de la route du pays de destination, ou tout simplement rester en Suisse avec un «L».

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