Prendre le volant avec des bottes d’hiver? Attentions aux amendes!
Lorsque les températures avoisinent le point de congélation et que le givre pointe le bout de son nez, la journée commence de la même façon pour de nombreux automobilistes: il faut tout d’abord gratter les vitres. Rien de mieux que de bonnes chaussures d’hiver épaisses pour se protéger du froid. En revanche, une fois dans la voiture, elles peuvent devenir une gêne.
Même si les bottes sont bien mieux adaptées que les tongs, elles peuvent poser quelques problèmes lors de la conduite. En effet, dans le cas par exemple des fameuses «moon boots», leur largeur complique fortement l’actionnement des pédales. Vous risquez ainsi d’appuyer sur deux pédales en même temps, dans le pire des scénarios. Par ailleurs, si par malheur vous avez encore de la neige accrochée à la semelle, il est possible que vous glissiez au pire moment, comme lors d’un freinage d’urgence.
Qu’en est-il du point de vue juridique?
Est-il interdit de conduire en portant des bottes d’hiver? Il n’existe pas de disposition légale précise à ce sujet. En revanche, l’article 31 de la loi sur la circulation routière (LCR) donne une piste de réponse. Ce dernier énonce ce qui suit:
«Le conducteur devra rester constamment maître de son véhicule de façon à pouvoir se conformer aux devoirs de la prudence.»
Appliqué à notre exemple, cela signifie que vous n’avez pas le droit de porter des vêtements qui peuvent glisser ou entraver vos mouvements. Ces derniers doivent pouvoir rester fluides afin d’éviter des conséquences désastreuses.
S’il est vrai que le port de tongs ou de bottes d’hiver lors d’un contrôle de police en Suisse ne fait pas l’objet d’une contravention, la situation se complique dans le cas d’un accident. Lorsque des personnes sont blessées, les autorités examinent attentivement si le comportement était adapté ou négligent. Vous vous exposez alors à des amendes, à un retrait de permis, voire à une procédure pénale pour coups et blessures par négligence.
Les assurances automobiles peuvent également intervenir. Si la négligence est prouvée, elles exerceront un recours, ce qui signifie que vous devrez payer une partie des frais vous-même ou que les prestations de l’assurance casco seront réduites. Des réductions seront possibles même si vous n’êtes pas responsables de l’accident, par exemple s’il aurait pu être évité en portant des chaussures appropriées.
Quelles chaussures porter pour la conduite?
Les experts de l’ADAC et de l’ÖAMTC ont partagé des recommandations claires en matière de chaussures adaptées à la conduite:
- elles ne doivent pas glisser sur la pédale;
- elles doivent permettre un bon contact entre le pied et les pédales;
- elles ne doivent pas avoir des lacets susceptibles de s’enchevêtrer dans le carénage;
- elles ne doivent pas être trop larges afin d’éviter tout actionnement simultané de deux pédales.
Marion Seidenberger, psychologue de la circulation de l’ÖAMTC, résume ainsi la situation:
«Idéalement, les automobilistes doivent porter une chaussure rigide et confortable, bien adaptée à la forme du pied et équipée d’une semelle plate, fine et antidérapante.»
Ces caractéristiques garantissent une bonne adhérence et vous empêchent de coincer la chaussure entre les pédales. Les bottes d’hiver ne remplissent généralement pas ces critères. Marion Seidenberger recommande donc: «Par mesure de sécurité, il serait judicieux de toujours avoir des chaussures adaptées à la conduite à portée de main dans la voiture.»
Les tests réalisés par l’ÖAMTC ont montré que les chaussures de sport, telles que les baskets, sont idéales pour la conduite. Elles sont suffisamment résistantes pour l’actionnement des pédales tout en offrant la sensibilité nécessaire au conducteur.